 Les enseignants au Yatenga ne se sont pas du tout ennuyés au cours de la journée du lundi o5 octobre 2009. Ils ont bien meublé cette journée qui leur est consacrée par de nombreuses activités : cross populaire, conférence publique, match de football. Pour l’occasion l’Association développement sans frontière (DSF) leur a apporté un appui matériel et financier. En sport, c’est l’équipe des enseignants du primaire et du pré scolaire qui a pris le meilleur sur celle des enseignants du secondaire par le score de 2 buts à zéro. « L’enseignant et la politique » c’était le thème de la conférence animée par Moulaye Saba, premier responsable de la section du Yatenga du Mouvement burkinabé des droits de l'homme et des peuples (MBDHP).
Cette année encore, l’Association développement sans frontière DSF n’a pas failli à son habitude de soutenir les enseignants du Yatenga pour marquer la journée du lundi 5 Octobre d’une pierre blanche. Très tôt le matin, ce jour là les enseignants du primaire , du pré scolaire et du secondaire répondant à l’appel de leurs syndicats « SYNATEB , SNEAB , SNESS, SYNTER, SYNAPAGER … ) ont envahi le point de départ du cross populaire, habillés en tee shirt aux griffes de la dite association . Ce sont 600 tees shirt qui ont été confectionnés pour la circonstance. Cerise le gâteau, DSF a accordé aux structures syndicales, un appui financier pour faciliter l’organisation de l’ensemble des activités. Comme pour bien traduire cette assertion bien connue dans le milieu « un esprit sain, dans un corps sain » les enseignants après cette activité physique se vont vite débarrassé de leurs tenues de sport avant de se rencontrer sous le hangar de la Fédération nationale des groupements naam pour la partie studieuse de la journée. « L’enseignant et la politique » c’était le thème du jour. Ils étaient face à un facilitateur qui a montré une parfaite maîtrise du sujet. Le président de la section provinciale du MBDH au Yatenga, Moulaye Saba, c’est de lui qu’il s’agit, a d’abord fait remarquer cet amalgame distillé le plus souvent à dessein « l’enseignant ne doit pas faire la politique, ni s’occuper des choses politiques » il n’ pas manqué de préciser que cette amalgame est généralement bien entretenue par certains politiciens en manque de popularité qui ont peur que les enseignants n’éclairent les consciences des populations. Frileux qu’ils sont, ceux la qui veulent faire de la politique un métier n’hésitent pas à interpréter les revendications matérielles des enseignants comme des activités politiques. Peut-on se réclamer formateur des futurs bâtisseurs de la nation de demain en se mettant en marge de la politique ? Assurément non. La constitution en son article 12 dit cela « tous les Burkinabé sans distinction aucune ont le droit de participer à la gestion des affaires de l’état et de la société » a fait savoir le conférencier. Se voulant plus explicite, il a souligné que l’enseignant a une place centrale et un rôle majeur dans la société. « Educateur, formateur, élite, modèle, catalyseur, il doit s’intéresser à la manière dont la société est organisée et gérée par les classes sociales qui détiennent le pouvoir politique et contrôle l’appareil de l’Etat » se convainc Moulaye Saba. Il citera par exemple le défunt professeur Joseph ki Zerbo qui a su bien mené une vie d’éducateur et de leader politique très engagé. Véritablement en phase avec son auditoire, beaucoup d’invités ont pris la parole pour dénoncer les manœuvres de certains prétentieux qui veulent les écarter des affaires politiques pour mieux abuser de l ignorance de la population. Après ce rendez vous d’échanges jugés très enrichissants pour l’esprit, les enseignants se sont invité dans la soirée, sur le terrain du lycée Yadéga pour une partie de football. C’est l’équipe des enseignants du primaire et du pré scolaire qui a pris le meilleur sur celle des enseignants du secondaire par le score de 2 buts à zéro. L’association développement sans frontière sans laquelle la célébration de cette journée ne connaîtra pas une telle réussite, à travers son coordonnateur Salifou Sodré s’est réjoui de cette complicité entre les différentes structures syndicales pour donner à cette journée tout sens. Pour le patron de l’Association DSF, le pari de l’éducation pour tous passe d’abord par des enseignants motivés, unis, confiants en eux- mêmes. DSF dit être toujours disposée à soutenir toute activité qui va le sens de la valorisation du métier de l’enseignant. David-Hiver Ouédraogo |