 Au lendemain de la célébration de la fête de l’Indépendance, le Premier ministre, Tertius Zongo, accompagné d’autres membres de son gouvernement, a rendu visite aux producteurs maraîchers dans le périmètre irrigué de Goinré (Ouahigouya), samedi 12 décembre 2009. Ce fut également une occasion pour le chef du gouvernement de visiter les hangars de conservation d’oignons réalisés par l’Association professionnelle des maraîchers du Yatenga (ASPMY) avec l’appui du Programme d’appui aux filières agro – sylvo – pastorales (PAFASP).
C’est drapé dans une tenue traditionnelle impeccable que Tertius Zongo a foulé le sol des parcelles irriguées de Goinré, dans la banlieue Nord de Ouahigouya, à la rencontre des producteurs maraîchers. Etendues sur 48 ha, ce sont des parcelles d’oignons et de maïs qui y sont entretenues. De ce vaste espace, 38 ha ont pu être aménagés grâce au soutien du Programme d’appui aux filières agro – sylvo – pastorales (PAFASP). Les bénéficiaires des aménagements sont au nombre de 232 dont 80 femmes et 55 jeunes. Organisés sous l’égide de leur structure faîtière, l’ASPMY s’activent à entretenir les plants. Les services techniques de l’Etat se chargent de leur encadrement.
En dépit de la productivité élevée des producteurs utilisant la fumure organique, certains d’entre eux sont encore réfractaires à ce fertilisant bon marché et facile à fabriquer. Pour Tertius Zongo, quelque chose ne va pas. Il veut conditionner le soutien de l’Etat au respect des paquets technologiques. Le dialogue direct du chef du gouvernement avec les producteurs lui a permis de prendre la pleine mesure de leurs préoccupations : « Je vous encourage à respecter les conseils des techniciens. C’est pour vous qu’ils sont là », Conseille le Premier ministre. L’abnégation des femmes au travail a suscité l’admiration des hôtes du jour. Les pagnes solidement noués, ces dernières confient s’adonner entièrement à l’activité de la culture maraîchère, « car pourvoyeuse de revenus à même de leur permettre de faire face aux dépenses liées à l’entretien de leur famille et la scolarité de leurs enfants ». Séduit par les propos des braves paysannes, le Premier ministre leur a fait don d’une charrette, d’une brouette , de sacs d’engrais et divers autres matériels de production. En plus de ce don, le Tertus Zongo a promis au profit des femmes, l’extension du périmètre, du matériel agricole etun appui pour la réalisation de fosses fumières.
Avant de regagner Ouahigouya, la délégation s’est rendue à Siguinvoussé, toujours dans la banlieue Nord de Ouahigouya, pour visiter les hangars de conservation d’oignons réalisés par l’ASPMY avec l’appui du PAFASP. Ces hangars, à en croire le président de la structure faîtière, Salam Ouédraogo dit « Salan docteur », ont permis d’accroître considérablement la production d’oignons. « Je dormais dans la même case avec ma production d’oignons. L’oignon mal conservé pourrissait. Les silos de conservation nous ont soulagés ». Asséta Guira , productrice à Goinré , est fière de son « kèergo » ou silo de conservation d’oignons. Présent à cette tournée, Atamana Bernard Dabiré, Coordonnateur national du PAFASP est content de constater que l’intervention de sa structure produit des résultats probants. Stocker et conserver l’oignon sur une longue période évite aux producteurs de brader leurs spéculations pour ensuite mieux les vendre au bon moment. En février 2007, le sac de 120 kg d’oignon s’est vendu à 6000 francs à Ouahigouya alors que le même sac valait quelques mois plus tard à 50 000 francs CFA, voire plus. Les entrepôts de conservation permettent de mieux valoriser la filière oignon.
David-Hiver Ouédraogo |