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Nathalie Nikiema, Chargée de programme à la Coopération suisse - « Désormais, il faudra compter avec
02-03-2010
ImageL’apport suisse au développement de notre pays a amorcé une nouvelle dynamique avec le démarrage de la huitième phase de son programme. Il s’agit de l’Appui à la gestion des collectivités territoriales (AGCT). La Chargée des questions liées à la décentralisation du Bureau de la Coopération Suisse au Burkina Faso, Nathalie Nikiema, donne plus d’éclaircissements sur le sujet à travers cet entretien.
De quoi est-il question de cette nouvelle phase du programme d’appui à la décentralisation en cours dans notre pays ?
Cette phase prend en compte la contribution de la Suisse à la mise en œuvre de la Politique nationale de développement des centres secondaires et des appuis aux mécanismes qui se mettent progressivement en place en soutien à la décentralisation. L’expérience acquise au cours des précédentes phases qui concernaient les communes urbaines de Ouahigouya, de Koudougou et de Fada N’Gourma sera valorisée et amplifiée avec la prise en compte de nouvelles communes et l’intégration de l’échelon régional à cette dynamique. Les objectifs de cette phase, d’une enveloppe financière de plus de trois milliards et demi de nos francs sont de contribuer à l’amélioration de la gouvernance dans la gestion des collectivités territoriales ; de renforcer les capacités techniques et l’autonomie financière des collectivités territoriales et soutenir la structuration d’espaces économiques régionaux ; promouvoir les mécanismes nationaux d’appui à la décentralisation. Les actions prévues sont en cohérence avec les orientations du Cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation, axe prioritaire du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté.

Quelles sont les collectivités territoriales qui seront concernées par cette nouvelle phase ?
Ce programme va intervenir dans trois régions. La région du Nord, la région de l’Est et celle du centre – Ouest, en tant que collectivités territoriales. Il prend en compte les communes de Ouahigouya, de Fada N’Gourma et de Koudougou. Les nouvelles communes dans chacune de ces régions ne sont pas encore identifiées. Leur identification va se faire progressivement au cours de cette phase mais il s’agit de trois communes urbaines et de neuf communes rurales. De façon globale, le programme interviendra dans neuf (09) communes rurales, six (06) communes urbaines et trois (03) régions. Désormais, il faudra compter avec les régions.  Avec une contribution aux outils nationaux comme le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales déjà en place.

Quelles seront les contributions de ces communes-là pour la bonne marche de cette phase ?
L’intervention de la Suisse dans le domaine de la décentralisation a toujours été régie par des règles précises. Ces règles sont fixées par les acteurs eux-mêmes en harmonie avec des accords signés entre la commune, la Coopération suisse et la structure d’accompagnement. Dans la même logique, des engagements seront pris par chacun de ces trois partenaires. Ces engagements doivent être respectés scrupuleusement afin que les objectifs visés puissent être atteints. Il y a aussi que les élus doivent travailler à ce qu’il y’ait une participation effective des populations car les investissements qui seront fait seront à leur profit.

Comment comptez-vous gérer la transition entre l’ancienne phase et la nouvelle tout en consolidant les acquis ?
La consolation des acquis se fait progressivement. Depuis les toutes premières phases du programme, il y a des actions de capitalisation qui ont été engagées et des enseignements qui doivent permettre de les prendre en compte dans cette nouvelle étape. On peut donc dire que parlant de transition, nous sommes en plein pied dans la huitième phase avec les rencontres qui se sont déroulées. Les acquis au niveau des trois communes suscitées sont importants. Les infrastructures qui y sont réalisées dépassent le rayonnement des communes en tant que collectivités. Comment appuyer les communes rurales, les régions, pour que ces acquis-là puissent profiter à ces structures qui viennent d’être mises en place à partir de 2006 ? C’est entre autres des questions auxquelles cette nouvelle phase doit apporter des réponses.

Dans cette nouvelle phase, il est question de communes rurales, de communes urbaines et de régions. Est-ce qu’il n’y a pas de crainte de confusion de rôle avec ces différents partenaires ?
Cette question est vraiment centrale. L’enjeu, c’est la compréhension et la maîtrise du Code général des collectivités territoriales. Nous sommes conscients que tout le monde n’est pas au même niveau d’information. Un accent sera donc mis sur le renforcement des capacités des élus locaux et des agents de leurs collectivités territoriales afin de les aider à comprendre ce code, à l’interpréter, et à l’appliquer correctement. Il faut que chacun puisse jouer son rôle et être capable de prendre des initiatives, en respect avec les compétences qui lui sont dévouées. Je précise que cet accompagnement doit se faire progressivement.

Il n’est pas toujours évident que toutes les parties respectent ce qu’on a convenu de faire. Comment la Coopération suisse compte clarifier cela avec ces partenaires ?

Je pense que les engagements de chaque partie prenante doit se faire sur une base réaliste qui tient compte de chaque contexte avec sa spécificité. C’est le dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs qui seront impliqués qui sera de mise dans l’optique que les engagements soient respectés. Il faut ce dialogue pour déceler les difficultés et ensemble convenir de ce qu’il faut faire pour pouvoir continuer.

Les établissements communaux pour le développement ont été créés pour booster le développement dans les communes bénéficiaires. Au terme de la phase 7 du programme, avez-vous le sentiment que cet objectif a été atteint ?

Au démarrage du programme en 1992 à Ouahigouya, et pour remédier à la faiblesse des capacités techniques de l’administration communale à Ouahigouya, l’EPCD a été mis en place. Cet établissement assume la maîtrise d’ouvrage déléguée des activités de développement. Il en est de même dans les communes de Koudougou et de Fada N’Gourma quand il s’est agit de l’extension du programme à ces deux communes. Structure technique de proximité qui assure la maîtrise d’ouvrage déléguée pour le compte de la commune, l’EPCD a joué un rôle catalyseur dans le renforcement des compétences des acteurs locaux en matière de maîtrise d’ouvrage.  Avec la décentralisation intégrale intervenue en 2006 et l’avènement des 302 communes rurales, on assiste à une forte demande de partage et de valorisation de l’expérience des EPCD dans le renforcement de la maîtrise d’ouvrage. Ces résultats montrent que l’objectif visé a été atteint mais je pense que c’est aux acteurs eux-mêmes de donner leur appréciation.

Qu’est-ce qui a motivé le rédimenssionnement des EPCD pour prendre en compte d’autres communes et la région ?
L’EPCD a été mis en place en vue de renforcer la maîtrise d’ouvrage au niveau local. Avec la décentralisation intégrale intervenue en 2006 les communes urbaines se sont élargies avec l’intégration des villages, 302 communes rurales et 13 régions collectivités territoriales ont également vu le jour. Beaucoup de ces collectivités manquent de ressources humaines et techniques pour jouer effectivement leur rôle. Pourquoi ne pas mettre cette expertise des EPCD au service de ces collectivités ? D’autant plus que ces structures sont dans une logique d’auto financement. Je pense que c’est pour répondre à ces besoins que les EPCD sous la conduite des élus locaux sont dans un processus de concertation en vue de mettre leur savoir au service des communes et des régions qui en ont besoin. Ces différentes concertations sont portés par les élus locaux eux-mêmes et soutenues par les structures étatiques impliqués dans la mise en œuvre du programme.

Qu’est ce qui est prévu par la coopération suisse concernant les inquiétudes exprimées quant à l’évolution des EPCD?

Le processus d’évolution des EPCD est porté par les acteurs locaux et la coopération suisse accompagne ce processus. Si des inquiétudes sont exprimées, a mon avis elles trouveront leurs réponses dans la concertation qui se fait de façon inclusive et participative.
 
 

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